Casques à réduction de bruit
Publié le Lundi 11 Février 2008

20080211_11Que ce soit chez soi ou en déplacement, le casque audio n'a jamais été aussi en vedette, notamment du fait de l'explosion des baladeurs mp3. Il est bien connu que faire un effort sur la qualité d'un casque audio peut transcender le plaisir d'écoute et c'est encore plus vrai lorsque ce casque intègre une technologie qui annule les bruits environnants pour ne proposer, au creux de l'oreille, qu'un signal audio plus ou moins purgé des nuisances sonores externes. Ce dossier apportera toutes les informations pour mieux comprendre le fonctionnement de ces technologies et pour voir l'intérêt qu'il peut y avoir dans le fait d'acquérir un casque à réduction de bruit.

 

Synthèses et tests par Bruno Orrù

 

Pour illustrer ce dossier, nous avons sélectionné 4 casques au profil différent mais de type supra-aural. Contrairement aux mini oreillettes généralement fournies avec un baladeur, ces casques possèdent un arceau pour un maintient sur la tête, les oreillettes s'appuyant sur le pavillon de l'oreille.

 

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On trouve chez Sennheiser deux casques. Le PXC300 est léger et de type ouvert (l'oreille reste dégagée, l'oreillette est simplement posée sur le lobe de l'oreille) et l'autre, le PXC450 est un modèle de salon de type fermé (le lobe de l'oreille est entouré par l'oreillette du casque, ce dernier prenant totalement appui sur le haut de la tête). Puis, le QuietConfort3 chez Bose est un casque fermé au format intermédiaire et le MDR-NC6 chez Sony, un casque ouvert au format intermédiaire,.

 

Les casques à réduction / compensation de bruit, le silence absolu ?

 

Lorsqu'on achète un casque pour sa chaîne audio ou son baladeur, même si l'on est prêt à y consacrer un budget permettant d'avoir une excellente qualité d'écoute, on ne pense presque jamais aux casques à compensation de bruit. Moi le premier ! Et puis un jour, on a l'occasion d'en tester un et on devient tout de suite «accroc ». Ne vous y trompez pas, essayer un casque de ce type, c'est comme tomber dans une drogue douce qui éloigne subitement de notre tête les nuisances sonores. On a bien du mal ensuite à s'en passer. Bien sûr, les effets ne sont pas 100% efficaces et sont en priorité dédiés aux bruits sourds tels qu'un moteur d'avion, le roulis d'un train ou le ronronnement persistant d'une mauvaise climatisation. Les aigus sont eux difficilement gérables, sauf s'il ont complète la réduction active par une réduction passive, ce qui est le cas lorsque le casque est de type fermé.

 

Nous avons délibérément laissé de côté les casques intra-auriculaires qui, d'après leurs concepteurs sont également efficaces sur l'isolation acoustique. C'est en parti vrai mais cela est simplement dû à ce que ce type de casque bouche totalement l'entrée du lobe, traduisant un danger non négligeable d'agression sonore, parfois irréversible.

 

Un peu de technique

 

Les quatre marques retenues (ce choix n'est pas exclusif !) proposent chacune leur procédé de réduction de bruit. Sennhneiser utilise une technologie dénommée NoiseGard (gardien du bruit), Sony utilise une technologie dénommée NoiseCanceling (annulation de bruit) et Bose, quant à lui, a opté pour la technologie Acoustic Noise Cancelling (annulation acoustique de bruit).

 

Les principes techniques de base sont les mêmes et reposent sur le principe physique son/antison : un signal sonore est annulé par superposition du même signal en inversion de phase. Un ou plusieurs microphones (généralement placés dans les oreillettes) captent le bruit ambiant. Le système de réduction de bruit génère alors un signal identique, mais inversé en phase. Le bruit est alors éliminé pour l'auditeur sans que la musique soit altérée. On comprend donc que ce principe ne peut fonctionner correctement que sur des nuisances non ponctuelles (impacts, éclats de voix...) et sur une bande de fréquence avec un plafond par exemple fixé à 1200 Hz pour Sennheiser et 1500 Hz pour Sony. Le taux d'efficacité de ce procédé est variable suivant la nature même du bruit environnant mais les constructeurs l'estiment en moyenne à 68%, ce qui est beaucoup. Bien sûr, des casques professionnels pourront avoir un taux plus élevé (j'ai par exemple testé des casque Bose dans un hélicoptère...) mais gageons que le confort et l'esthétique ne seront pas du même niveau.

 

Pour fonctionner correctement, ces technologies ont besoin d'énergie, c'est pourquoi ces casques requièrent l'utilisation de piles. On parle alors de réduction active. Sony et Logitech ne déploient qu'un procédé de réduction active alors que Bose et Sennheiser implémentent également une réduction passive sur des fréquences non couvertes par le procédé actif. Nous verrons lors des écoutes que cela permet un meilleur filtrage général, en particulier sur les fréquences médium.

 

 

En situation

 

Quelques généralités

En premier lieu, il est important de préciser qu'une écoute avec un casque à réduction de bruit peut dérouter par cette impression de vide que va créer l'annulation de bruit. Certains s'y font rapidement, d'autres n'y arrivent pas. Il est donc recommandé de faire un test avant achat.

 

Deuxièmement, il faut rappeler que l'isolation active ne fonctionne bien que pour les sons graves. Si les aigus sont perceptibles (plus ou moins suivant la situation), il faut rester prudent en balade ; je ne saurais trop vous conseiller de ne pas utiliser ce type de casque en voiture / moto / vélo... et de faire attention en marche à pied, notamment en centre urbain avec du trafic automobile. Attention également si vous êtes chez vous... il est parfois utile d'entendre le téléphone sonner ou quelqu'un taper à la porte.

 

Le gros avantage de la réduction de bruit est l'augmentation sensible de la qualité d'écoute, sans avoir besoin de monter imprudemment le son. En effet, en s'isolant des bruits extérieurs, il devient inutile de forcer sur le volume pour couvrir la nuisance d'un train de banlieue par exemple. Notez que par ricochet, vous générerez également moins de nuisance... vous savez ce fameux son nasillard qui exaspère rapidement la personne qui est assise à coté de vous...

 

Sennheiser PXC300

Des quatre casques retenus, un seul est parfaitement adapté à une utilisation nomade quotidienne de par sa discrétion et sa compacité, c'est le Sennhneiser PXC300, sous technologie NoiseGard 2.0.

 

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C'est, par contre, le seul qui nécessite un déport pour sa réserve d'énergie (deux piles AA), les autres casques, plus volumineux, trouvant toujours un espace dans l'une des oreillettes pour la pile. Au niveau de son maniement, le PXC300 peut dérouter au départ. Les fils partent en effet du casque vers cette barre d'énergie puis un autre fil part vers le lecteur source. C'est vrai, on a vu plus pratique mais c'est le seul moyen de ne pas proposer un casque trop lourd (94g pour le casque) et trop volumineux. Sachez que l'on s'y fait vite à ce « montage » d'autant plus que le déport propose une astucieuse languette permettant de le fixer à la ceinture. Ce qui aurait été vraiment bien ça aurait été de limiter la source d'énergie à une seule pile et limiter ainsi l'encombrement de ce déport.

 

 

 

 

Les oreillettes sont très confortables et se posent avec justesse sur le contour de l'oreille, permettant dès la pose une première sensation d'isolation. L'enclenchement de la réduction de bruit permet de s'isoler avec conviction des sonorités les plus graves au haut médium mais sachez que le PXC300 est le seul casque de ce comparatif qui permet des écoutes même si la réduction de bruit n'est pas active (piles HS par exemple).

20080211_04L'écoute du PXC300 est à mes oreilles la plus équilibrée. De fait, ce n'est pas l'écoute la plus démonstrative ni la plus impressionnante au niveau des graves mais sur la durée, c'est clairement l'écoute la plus homogène et la plus reposante. N'hésitez pas à « jouer » avec les fonctions d'égalisation de votre baladeur pour renforcer par exemple les graves et vous serez surpris par la dynamique possible du PXC300. Les aigus sont d'une étonnante justesse et les médiums les plus nuancés des cinq casques.

Le PXC300 ne propose aucune gestion de niveau de son, il est simplement possible d'activer ou d'éteindre la réduction de bruit via un bouton poussoir plat sur le déport.

Il est livré avec un adaptateur Jack 6.35 et un adaptateur avion. Il est également livré avec une housse de transport semi rigide. Le mode de pliage du casque semble compliqué à la première prise en main mais s'avère en fait réellement astucieuse pour que le casque prenne le moins de place possible.

Prix indicatif : 220€ (on le trouve dans les 160€)

 

Sehnneiser PXC 450

Second choix chez Sehnneiser, le PXC 450 dont l'objectif n'est plus la balade mais le confort chez soi. Lui aussi intègre la technologie NoiseGard 2.0.

 

 

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Le casque est volumineux tout en restant confortable. Il s'adapte aux écoutes de longue durée. Contrairement à son petit frère, la réserve d'énergie - deux piles AA - se cache dans l'oreillette droite. Pour avoir du son, il faut enclencher la réduction de bruit. Sur cette même oreillette, on peut du bout du doigt enclencher ou éteindre la réduction de bruit mais surtout monter ou baisser le volume, un mode « discussion - TalkThrough » étant même à disposition pour couper le son si quelqu'un vous parle. C'est vrai que le trait semble forcé mais je peux vous assurer qu'avec un casque à réduction de bruit et de la musique à niveau normal, vous avez peu de chance d'entendre une personne en face de vous !

 

 

 

 

Le PXC 450 est indiscutablement le casque le plus volumineux et le plus lourd de cette sélection mais son port n'est pas le plus désagréable. Les oreillettes sont très larges et permettent de contourner aisément le lobe de l'oreille.

20080211_06A l'écoute, on retrouve l'équilibre tonal déjà constaté sur son petit frère PXC300 mais, surprise, le niveau général d'écoute est faible (vraiment plus faible que les autres casques), avec malheureusement un impact sur la dynamique d'ensemble qui peine à convaincre sur des coups de batteries ou lors de l'écoute d'un film à grand spectacle. Bien entendu, on peut monter le volume sur la source d'écoute mais cela ne compense pas la timidité dynamique.

Le PXC450 est livré avec une grosse trousse de rangement semi-rigide, un adaptateur Jack 6.35 et un adaptateur avion.

Prix Indicatif : 450€ (on le trouve à moins de 350€)

 

 

 

Sony MDR-NC6

Généralement la marque Sony est synonyme de qualité mais aussi de prix élevé. Le MDR-NC6 est pourtant de loin le casque le moins cher de notre sélection. Il est le seul casque qui propose des oreillettes plates contre l'oreille, malheureusement sans grand confort !

 

 

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L'avantage est de ne pas enfermer l'oreille s'avère être un vrai plus pour des écoutes de longue durée, même si certains pourront ne pas apprécier la pression des oreillettes contre le lobe de l'oreille. Le véritable inconvénient est que le maintient repose exclusivement sur l'arceau, celui-ci étant trop large pour les petites têtes !

Un petit bouton poussoir permet d'enclencher la réduction de bruit, il est positionné sur l'oreillette droite et d'accès peu pratique lorsque l'on a le casque sur les oreilles. Les deux piles AA se placent dans un petit emplacement ancré sur l'arceau. Pour avoir du son, il faut enclencher la réduction de bruit.

 

 

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J'ai eu l'occasion de le tester sur un vol de plus de 11 heures, sans jamais avoir de sensation de gêne autre que celle d'avoir un léger poids sur la tête. En revanche, comme énoncé précédemment, un certain effet de dureté se fait sentir sur les oreilles, surtout en comparaison avec les autres solutions. Un petit câble se détache du casque et sera connecté à un deuxième fil. Cela permet, pourquoi pas, l'emploi d'un prolongateur autre que l'original en cas de casse. Le système de compensation est logé dans un recoin le long de l'arceau ; c'est très pratique car aucun fil supplémentaire n'est nécessaire, en contre partie,ça augmente le poids du casque sur la tête.

Le MDR-NC6 est surtout efficace sur les fréquences graves mais le couplage acoustique pose vite un problème si le haut-parleur n'est pas face au lobe de l'oreille. De par sa circonférence, les oreillettes dépassent du lobe et si, par exemple, vous souhaitez vous adosser sur un siège (d'avion !) ou sur un canapé, vous rencontrerez certainement quelques désagréments pour ajuster au mieux le casque et que son efficacité anti bruit reste pertinente.

Le MDR-NC6, tout comme le PXC300 n'est pas très démonstratif et propose une écoute assez linéaire. On peut lui reprocher un manque d'impact dans le bas du spectre mais les médiums et aigus sont trop mis en avant, proposant de fait une écoute assez déséquilibrée. Si vous n'aimez pas les graves, alors ce casque est fait pour vous. Bon respect des textures vocales pour autant, même si, encore, les médiums ont tendance à rendre les voix un brin agressives en montant le son.

Le MDR-NC6 est livré avec un adaptateur Jack 6.35 et un adaptateur avion. Il est également livré avec une housse de transport souple en nylon, les oreillettes peuvent se tourner sur elles-mêmes afin d'envisager un rangement à plat.

Prix indicatif : 90€

 

Bose QuietConfort3

Le casque Bose QuietConfort3 est intéressant car son format permet d'imaginer de le porter sur la tête en balade et semble parfait pour les voyages train / avion de longue durée. C'est, de plus, le plus confortable de tous, tant sur la sensation d'appui sur les oreilles (une véritable sensation de coussin douillet !) que pour l'appui sur la tête, d'une discrétion impressionnante.

 

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Le QuietConfort3 dispose d'une commande arrêt / mise en marche sur l'oreillette droite mais aucune gestion de volume. Les piles AA s'encastrent à la verticale dans un orifice camouflé à la base de l'arceau. Pour avoir du son, il faut enclencher la réduction de bruit. Le QuietConfort3 propose un branchement via un fil propriétaire dont l'un des embouts est de diamètre plus fin que le traditionnel jack 3.5. De fait, l'utilisation de ce brin est indispensable et l'on prendra soin de ne pas le perdre !

 

 

 

20080211_10Les écoutes avec le QuietConfort3 étonnent dès les premières mesures par une présence dans les graves impressionnante, de loin la plus spectaculaire des casques de ce comparatif. Cela prend d'ailleurs un peu le pas sur le haut du spectre qui est très bien restitué. Mis à part les déséquilibres physiologiques, l'écoute est donc de qualité, dynamique et sans aucune saturation, même en montant le volume.

Le QuietConfort3 est livré avec une pochette rigide et plusieurs adaptateurs de voyage, dont un adaptateur avion.

Prix indicatif : 400€

 

 

Conclusion

 

L'utilisation d'un casque à réduction de bruit peut immédiatement déclencher une accoutumance dont il est extrêmement difficile de se défaire. Le retour à un casque classique se révèle problématique tant les nuisances sonores externes semblent anormalement dérangeantes. Il est vrai que le prix de ces casques peut sembler important face à certains casques - et au prix parfois ridicule de certains baladeurs multimédia - mais, outre que leur qualité d'écoute est de bon niveau, le confort apporté par la réduction de bruit est réellement un plus qui mérite les efforts financiers demandés.

Ce comparatif démontre que le choix ne peut se faire uniquement sur le prix ou la marque. Les quatre casques de ce comparatif sont clairement proposés pour des cibles d'usages différents.

 

Le podium

Sennheiser PXC300 : ma préférence globale pour le couple polyvalence / qualité d'écoute.

Bose QuietConfort3 : le meilleur choix si vous recherchez qualité d'écoute et confort. Il est de plus le mieux équipé mais c'est aussi le plus cher !

Sennheiser PXC450 : un excellent confort d'écoute mais une déception sur la dynamique, ce qui gâche un peu un excellent équilibre tonal. Prix élevé.

Sony MDR-NC6 : un casque qui n'est pas mauvais en soi mais qui, face aux autres solutions de ce comparatif, ne fait pas le poids, ni en qualité d'écoute, ni en confort.

 

Informations en ligne :

Sennheiser

Sony

Bose

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