Cebit : les raisons du déclin
Publié le Lundi 10 Mars 2008
20080310_08Chaque année, on ne peut que constater un peu plus le mécontentement des visiteurs professionnels du Cebit. L'édition 2008, qui s'est tenue la semaine dernière, ne fait pas exception. Heureusement, un nouvel évènement pointe son nez au sein même du salon : Planet Reseller !

 

D'aucuns auront déploré l'absence d'annonces de nouveautés technologiques majeures. Sur ce plan, le chapeau n'est cependant pas à faire porter au salon allemand, mais plutôt aux constructeurs et éditeurs qui, depuis plusieurs années, s'avèrent incapables d'innovations majeures : mieux vaut pour nombre d'entre eux copier les recettes du voisin, plutôt que d'investir réellement en recherche et développement. De fait, on ne compte plus sur le Cebit 2008 les fabricants de housses, d'accessoires Bluetooth ou de boîtiers qui ne se distinguent de leurs concurrents que par leurs couleurs et motifs : difficile de se montrer attractif ainsi. On attend en revanche toujours la commercialisation en masse de batteries à combustible ou de chargeurs par induction. Mais lobbies et constructeurs établis freinent des quatre fers pour ralentir l'introduction de ces technologies qui, si elles sont attendues par les utilisateurs, leur feraient perdre leur rente de situation.

 

La Deutsche Messe a tout de même une part de responsabilité dans la désaffection des visiteurs et exposants professionnels. Ainsi, un grossiste pan-européen basé en Allemagne nous a-t-il confié que l'organisateur a cherché ces dernières années à se débarrasser d'exposants dont il juge le domaine d'activité incompatible avec l'image high-tech de l'informatique. Les spécialistes du consommable ont par exemple ainsi trouvé refuge sur Paper World. Conscient que cette stratégie ne correspondait pas aux attentes de ses visiteurs professionnels, la Deutsche Messe cherche depuis à les faire revenir, mais avec un succès très limité. En effet, ceux-ci ont désormais trouvé des salons accueillants, plus économiques que le Cebit et garants d'un retour sur investissement relativement rapide. Il faut dire en effet qu'au-delà des tarifs proposés aux exposants, la qualité du visitorat du Cebit a perdu depuis plusieurs années : les particuliers font florès, là où on attendrait grands comptes, revendeurs, distributeurs et importateurs. Et pas uniquement le week-end, au point qu'on peut s'interroger sur la durée hebdomadaire du temps de travail en Allemagne...

 

La partie n'est cependant pas définitivement perdue pour la Deutsche Messe, et il ne faut pas enterrer aussi rapidement le Cebit. Avec 495000 visiteurs cette année, même s'ils ne sont pas tous qualifiés, loin s'en faut, ce salon reste de loin le plus gros rendez-vous mondial. Le nombre d'exposants permet encore largement à n'importe quel professionnel de la distribution informatique d'y trouver son compte et de dénicher quelques nouveaux produits à commercialiser, même s'ils ne sont pas révolutionnaires. Et surtout, en une visite, de rencontrer une grande partie de ses fournisseurs.

 

Cependant, pour corriger durablement le tir, la Deutsche Messe doit impérativement redonner au Cebit une image professionnelle internationale, plus à même d'attirer un visitorat qualifié mais aussi qui lui permettrait d'éviter de se faire doubler par de multiples salons davantage spécialisés...

 

 

20080310_09Planet Reseller : un IT-Partners à l'allemande

 

Planet Reseller, l'un des événements phares du Cebit, a pour sa deuxième édition atteint les objectifs qui lui étaient assignés par l'organisateur, selon un professionnel du marché d'outre-Rhin. Accueillant la quasi totalité des principaux grossistes allemands (aux exceptions notables de Tech Data et d'Ingram Micro), Planet Reseller n'était accessible qu'aux visiteurs professionnels de la distribution informatique, ce qui en a rendu la visite plus agréable et efficace que le reste du salon. On notera cependant que le nombre total d'exposants était inférieur à celui d'IT-Partners, qu'aucun grossiste à valeur ajoutée n'était présent et que nombre de spécialistes ont préféré exposer dans les halles dédiées à leur spécialité.

 

Et si on est encore loin d'une véritable place de marché internationale, plusieurs grossistes et brokers susceptibles de travailler avec des revendeurs français étaient malgré tout présents. Et si la Deutsche Messe continue dans cette voie et réussit à attirer davantage d'acteurs internationaux, il y a fort à parier que d'ici un ou deux ans, Planet Reseller pourrait devenir l'une des attractions clés du Cebit pour la distribution européenne : ciblée et efficace à la fois. Un véritable exemple de la voie que devrait suivre le reste du salon...

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